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Ali Bensaad

Dessous du “renvoi” de l’ambassadeur émirati

Par Ali Bensaad

(Lu sur Facebook)

Pas de fumée sans feu….

Si une simple Fake News a pu déstabiliser jusqu’au sommet de l’État, aboutir au limogeage précipité d’un ministre, c’est qu’elle comportait bien une charge explosive.

Derrière la Fake News (ou pas tout à fait !) du renvoi de l’ambassadeur des Émirats pour espionnage, il est possible qu’il y’ait surtout une torpille.

Torpille lancée par un des protagonistes d’une guerre qui s’est ouverte autour de l’élection présidentielle et de la candidature de Tebboune et qui le viserait lui ou un de ses puissants soutiens.
Torpille qui, pour être efficace, est censée frapper dans une des failles du dispositif.

Or, aujourd’hui que l’hostilité des Émirats à l’Algérie s’affiche clairement, même aux yeux de ceux qui auraient voulu ne pas le voir et qui, longtemps, ont feint d’oublier  leur alliance stratégique avec Israël et la monarchie marocaine, l’emprise qu’ont pu avoir ces Émirats en Algérie, pourrait être embarrassante.

Embarrassante pour ceux qui l’ont favorisée, en ont profité et surtout en ont été compromis. Ils étaient nombreux, au cœur de l’État et de l’armée. Et beaucoup y sont encore.

Les 3 millions d’euros en or en barre qu’en a reçu Ouyahia, homme fort alors du régime, et qu’il n’a pu ni dissimuler ni nier, ne sont qu’une petite bribe mais qui dit clairement la force corruptive qu’ont eu les Émirats et comment celle-ci a gangréné le cœur de l’État.

Il est très possible que les actions franchement et publiquement hostiles des Émirats aient fini par contraindre certains secteurs à enquêter sur les actions de ces derniers alors que d’autres secteurs craignent un quelconque déballage qui les atteindrait ou pourrait être utilisé contre eux. Comme il est tout aussi possible que la Fake News avait pour objectif de court-circuiter les tentatives de noyer les investigations.

La corruption et les enquêtes sur la corruption ont toujours été des armes dans les guerres de position que se livrent les clans.

Il est très « normal » qu’elle ait abouti au limogeage du ministre de l’information. Elle confirme, ce que tout le monde sait, que En Nahar est le bras informationnel du régime. Le ministre devait donc logiquement en répondre. Mais aussi que les deux ont participé au lancement de la torpille, consciemment ou non. Vous imaginez En Nahar balancer une telle information, et le ministre le couvrir de son aval, si cela ne s’est pas fait à la demande express d’une force de pouvoir ?

L’emprise corruptive des Émirats, allié stratégique d’Israël et de la monarchie marocaine, qui a atteint jusqu’à l’armée où elle a même trouvé un terrain favorable, est un vrai marécage. Beaucoup pourraient y sombrer.
Je partage à l’occasion, en commentaire, une publication que j’ai faite il y’a plus de 4 ans concernant la pénétration émiratie dans l’armée algérienne et son armement. L’article fait à partir de sources ouvertes que tout un chacun peut retrouver à partir des mots clés de l’article, est un peu long, on peut aller directement au chapitre “Main basse sur l’armement”

Petit pays confetti ne produisant aucune technologie, les Émirats sont devenus pourtant des fournisseurs obligés pour l’armée algérienne d’armes parmi les plus sophistiquées et les plus chères, des armes qu’ils ne produisent même pas et que l’Algérie aurait pu tout autant acquérir à la source.

J’avais évoqué dans le texte le cas de Iskander Safa, ce Franco-libanais agissant pour le compte des Émirats, auquel l’Algérie et son armée ont confié leur armement, et les liens de ce dernier avec Israël.  Un homme dont les portes au Liban, lui sont fermées dans son pays d’origine, le Liban, en raison de sa proximité avec Israël et qui est officiellement traité par le président du Liban comme « agent d’Israël ». En Algérie, au contraire, il avait ses entrées privilégiées aux Tagarins et à El Mouradia. Mais Safa Iskander est surtout le patron du journal d’extrême droite « Valeurs Actuelles » qui a fait des algériens particulièrement et des immigrés en général, notamment ceux d’origine musulmane, le bouc émissaire de tous les maux de la société française. Il a été un des principaux promoteurs de la candidature de Eric Zemmour et des tentatives d’union des extrêmes droites européennes. Or, Iskander Safa doit une bonne part de sa fortune et de l’assise financière du journal « Valeurs Actuelles » aux commandes de l’armée algérienne. En une seule opération avec la marine algérienne, il a empoché la colossale somme de 2 milliards 200 millions de dollars pour la vente, toujours controversée, de 2 corvettes Méko.

A.B.

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